Реферат: Учебное пособие совместно подготовлено к изданию преподавателями кафедры иностранных языков №3 факультета иностранных языков и общеобразовательных дисциплин рудн



Г.Ф. Кондратенко

М.В. Масалитина

Ж.А. Родникова


EN LISANT LA PRESSE FRANÇAISE ET RUSSE


Москва

ИЗДАТЕЛЬСТВО РОССИЙСКОГО УНИВЕРСИТЕТА ДРУЖБЫ НАРОДОВ

2000


Г.Ф. Кондратенко

М.В. Масалитина

Ж.А. Родникова


ПО СТРАНИЦАМ ФРАНЦУЗСКИХ И РОССИЙСКИХ ГАЗЕТ


Учебное пособие для студентов начальных курсов,
изучающих французский язык


Москва

ИЗДАТЕЛЬСТВО РОССИЙСКОГО УНИВЕРСИТЕТА ДРУЖБЫ НАРОДОВ

2000

Утверждено

РИС Ученого совета

Российского университета дружбы народов


Рецензенты: Ж.М. Арутюнова, В.Л. Бишоф


авторы: Г.Ф. Кондратенко, М.В. Масалитина, Ж.А. Родникова

^ По страницам французских и российских газет . - Учебное пособие для студентов начальных курсов, изучающих французский язык. - М.: Изд-во Российского университета дружбы народов, 2000. - 41 с.


Учебное пособие " По страницам французских и российских газет " предназначено для студентов, изучающих французский язык и приступивших к чтению статей и информационных сообщений в научной, общественно-политической и социально-культурной сфере.

В учебном пособии были использованы следующие источники французской, бельгийской и российской прессы за 1999 год: "Le Monde", "Le Télérama", “Le Soir", "МК", "Мир за неделю", "Подмосковные известия", "Российская газета".

Учебное пособие совместно подготовлено к изданию преподавателями

кафедры иностранных языков №3 факультета иностранных языков и общеобразовательных дисциплин РУДН,

кафедры иностранных языков факультета гуманитарных и социальных наук РУДН.


^ Ответственный редактор: к.ф.н., доц. Новикова К.Ю.


TABLE DES MATIÈRES


premiÈre partie 4

SCIENCE - ALIMENTATION 4

Les Américains contre le transgénique
Qui sème les OGM récolte la tempête 4

^ SCIENCE - ALIMENTATION 9

EDUCATION - ENSEIGNEMENT 5

"Je me sens de plus en plus la vocation" 5

Comment devient-on enseignant dans le secondaire? 8

SOCIOLOGIE 11

"Plus on aime l'écran, plus on s'ennuie à l'école" 11

^ ACTUALITÉ - INFORMATION 15

La Russie est entrée dans le règne de la terreur 15

État de choc 17

Rétroactes 18

Un Etat faible sur un volcan en pleine éruption 19

Un "cordon sanitaire" autour de la Tchétchénie 22

L'erreur tragique de l'OTAN 24

^ Célébration – Initiatives 26

L'an 2000 sera écolo… 26

DeuxiÈme partie 32

События, теракты, политика 32

Взрывая дома, бандиты взрывают государство 32

Ветерок из Москвы, 35

Они не понимают слово "журналист" 36

^ Социология, образование 37

Российские студенты читают и прогуливают
в два раза больше иностранцев 37

К МИЛЛЕНИУМУ 38

Москва 2000 года 38

Последний год миллениума в Англии 38



^ premiÈre partie SCIENCE - ALIMENTATION Les Américains contre le transgénique
Qui sème les OGM récolte la tempête
Un vent venu d'Europe qui a rallumé le foyer d'un débat sur les OGM1 que les fermiers américains croyaient mort-né et qui, depuis cet été, s'est transformé en une vraie polémique.

Début septembre 1999, Archer Daniel Midland, un poids lourd de la graine, a expliqué à ses fournisseurs qu'à l'avenir ils devraient séparer les récoltes contenant des OGM des récoltes "naturelles". Archer Daniels n'est pas le seul à s'être incliné devant le "diktat européen": la société Gerber a promis à ses clients de ne pas utiliser de maïs ou de soja transgéniques dans ses produits. Et même Jams, fabricant de croquettes pour chiens et chats, a retourné sa veste: plus d'OGM pour nos amis à poils2! Dans les fermes du Midwest, on balance entre colère et désarroi3. "Les fermiers ont planté des graines génétiquement modifiées4 en toute bonne foi, avec la certitude que ces produits étaient sûrs et qu'ils seraient récompensés de leurs efforts, s'insurge5 le porte-parole de l'Association des producteurs de maïs. A la place, ils se sont trouvés floués6 par les multinationales de la graine et des engrais, qui les ont encouragés à accroître leur production sans les prévenir des risques qu'il y avait à planter des graines qui n'étaient pas acceptées par le consommateur". Sale été7, décidément, pour les agriculteurs américains, qui ont aussi été trahis par cette "loi du marché"8 que leur gouvernement brandit9 à chaque négociation du Gatt10. Selon Consumer Reports11, les cultivateurs de maïs perdront 200 millions de dollars de marché, cette année, parce qu'ils font du transgénique et que le monde redemande du naturel. Et la Food and Drug Administration12 (FDA), qui a implicitement soutenu ce passage au transgénique, ne leur est d'aucun secours13. Parce que les Américains lui font du moins en moins confiance14 et parce qu'elle a déjà beaucoup à faire avec le procès que lui a intenté15 une coalition de scientifiques et de consommateurs. Ensemble, ils l'accusent d'avoir enfreint16 les règles du Food and Drug and Cosmetics Act17 en autorisant quarante produits génétiquement modifiés sans exiger de leurs inventeurs les tests de longue durée démontrant l'innocuité de ces produits18 sur la santé du consommateur; et sans imposer l'étiquetage de ces produits. Bref, en cédant aux pressions des industriels du bio-agroalimentaire.

Aujourd'hui, la FDA paie sa négligeance: Dan Glickman, le secrétaire à l'Agriculture, a fait appel à un pannel indépendant19 pour vérifier si les tests réalisés étaient suffisants. L'Association des médecins américains, elle vient d'annoncer qu'elle allait corriger sa circulaire sur les produits ayant fait l'objet de manipulations génétiques, un texte vieux de neuf ans et qui était largement favorable à l'industrie agroalimentaire. Quant à l'Académie nationale des sciences, elle vient de promettre une étude sur les effets de l'introduction des OGM sur l'environnement20.

"Je crois que les Américains sont en train de réaliser que cette histoire ne fait que commencer", confirme Carol Tucker Foreman, spécialiste des questions alimentaires à la Fédération des consommateurs. L'opinion se réveille, et les défenseurs des OGM s'affolent.

L'Association des semenciers, par exemple, vient d'investir 1 million de dollars dans une campagne de communication dont le but affiché est d'empêcher le "virus" européen de se propager outre-Atlantique: "Nous espérons frapper les esprits, de façon à ce que ce qui s'est passé en Europe ne se reproduise pas ici", avoue tanquillement son porte-parole. Malheureusement pour les semenciers, le virus a déjà frappé: il y a six mois, l'Association des producteurs de maïs estimait qu'en l'an 2000 le nombre d'hectares consacrés au maïs transgénique aux Etats-Unis augmenterait de 20%. Elle vient de corriger ses projections: il n'est plus question de hausse, mais d'une baisse de 25%.
^ EDUCATION - ENSEIGNEMENT "Je me sens de plus en plus la vocation"21
Comme tous les jeunes profs, j'ai essuyé les plâtres22 dans les endroits difficiles de l'agglomération parisienne. J'enseigne depuis trois ans dans l'une des communes les plus pauvres de Seine - Saint-Denis. C'est speed23, il y a des moments où je me dis: je m'en vais. Presque 1200 élèves, c'est plus que le bâtiment ne peut en contenir. Il y a des émeutes24: 200 élèves qui commencent à se battre dans tous les sens25…tellement de problèmes qu'on ne sait pas par quel bout les prendre26. L'assistante sociale27 a démissionnée l'an dernier parce qu'elle n'en dormait plus et, bien sûr, elle ne sera pas remplacée avant des mois. Il y a des suicides28, des incestes29, de la prostitution. Ceux qui sont en échec30 découragent tout le monde, même les bons élèves. Les principaux31 restent un an ou deux, le moins longtemps possible. Ce collège, pourtant, a eu bonne réputation dans le passé, mais les erreurs accumulées32, une augmentation de la pauvreté33 alentour ont entraîné une dégradation irrémédiable34.

Personnellement, je me sens de plus en plus la vocation. Ce que j'ai dû affronter35 m'a donné de l'aplomb, m'a fait découvrir mes capacités36. C'est le genre de métier où on est obligé d'aller au bout de soi37. Nous, les jeunes profs, nous sommes coincés38. On souffre et on s'accroche au début, parce que dans la logique de l'administration, l'échec serait entièrement de notre faute. L'an dernier, entre collègues on se voyait beaucoup, on se soutenait. Les élèves se montraient particulièrement durs39 avec l'un d'entre nous, très jeune dans le métier. On s'est dit: ça ne peut plus durer40. Un matin, toute l'équipe pédagogique - une bonne dizaine de profs - est entrée dans la classe. On a parlé avec les élèves, on leur a dit nommément41 ce qu'on leur reprochait, ce qu'ils risquaient s'ils continuaient. Du coup, leur comportement a changé. En fait, ils n'imaginaient pas que les profs communiquent entre eux. Nous étions une équipe vraiment soudée42 et à force de nous battre, de faire grève43 (deux fois, l'an dernier, avec le soutien des parents), nous avons obtenu que les classes de sixième disposent de préfabriqués44 à l'écrart des grands. Le comble, c'est que ces locaux, c'est nous qui les avons financés, notre grève nous a coûté à chacun plusieurs milliers de francs….

Cette année, les 250 élèves de sixième ont enfin été mis à part, c'est déjà mieux: moins de bousculades45 dans les couloirs, les élèves se sentent moins anonymes et font moins de bêtises46.

Mais la surprise, le gag de la rentrée47, c'est que sur 85 profs …. 50 sont des nouveaux! Tous les pilliers48, tous ceux qui s'étaient investis, qui se battaient, ont disparu! Ils avaient demandé leur mutation49, souvent sans y croire, et ils l'ont tous eue d'un coup. De là à penser que le rectorat a voulu se débarasser d'une équipe offensive50…

Le plus hallucinant, c'est que les nouveaux profs sont presque tous des gens dont c'est le premier poste. Ça va à l'encontre de ce qui est dit depuis des années: on va cesser d'envoyer les gens inexpérimentés dans les endroits réputés durs. Moi qui n'ai que peu d'expérience, je me retrouve à donner des conseils à ces jeunes profs, c'est fou. Pour le moment, ça se passe à peu près bien, même si, alors qu'ils tenaient une réunion51 dans une salle, ils ont reçu des pierres par la fenêtre!
^ Comment devient-on enseignant dans le secondaire?
Dominique Louise Pélegrin

Débout, face à sa classe, armé de son seul savoir en vieux français ou en civilisation anglaise, le jeune prof. Heureux, peut-être, angoissé52? "Certains sont peu inquiets53? parce qu'ils maîtrisent bien leur discipline, dit une informatrice d'enseignants. D'autres sont très angoissés, surtout s'ils ont eu des expériences difficiles comme stagiaires".

Comment devient-on enseignant dans le secondaire? Après la licence, on entre dans un IUFM (Instituts universitaires de formation de maîtres. Ils dépendent des universités) pour préparer le Cape54, un concours assez difficile où les places sont chères. En cas de succès, la formation se poursuit durant un an pendant lequel le stagiaire se voit confier la responsabilité d'une classe six heures par semaine. Parallèlement, il complète sa formation par des cours à l'IUFM et un stage dans une classe avec un enseignant chevronné55, conseiller pédagogique.

Après leur titularisation, les nouveaux enseignants sont affectés sur un poste à temps complet56 dans un lycée ou un collège. Ils sont 12 000 à débuter chaque année.

L'année suivante, ils sont jetés crus dans l'arène57. Depuis des années, les ministres successifs jurent que tout ça c'est bien fini et qu'il est interdit d'envoyer au casse-pipe les débutants58! "Les textes officiels ne sont pas appliqués", soulignent les formateurs59. Mais comment corriger un système qui fonctionne à l'ancienneté? Voyez plus loin les témoignages des enseignants60 qui ont entre 26 et 30 ans, et de un à cinq ans d'expérience. "Il y a une sorte de concensus dans la profession: tu commenceras par le plus dur. Les jeunes profs vont de fait dans les académies les moins demandées et, à l'intérieur de celles-ci, aux postes les moins recherchés…" convient le directeur des personnels enseignants au ministère de l'Education nationale.

Pour aider les jeunes profs, l'Education nationale leur distribue ses recommandations. Eviter de créer par son comportement "une situation de tension"61, rester froid en toutes circonstances, face à des élèves dont la violence est, "le plus souvent", seulement verbale. Et ainsi de suite. Car, et c'est la clef du problème, "loin de revêtir en caractère légal immédiat comme jadis, l'autorité de l'enseignant est aujourd'hui un acte en déroulement à construire et légitimer".

Aux enseignants débutants de se débrouiller62, souvent dans la plus grande solitude. "J'ai fait quarante inspections de classes l'an dernier, auprès de jeunes professeurs dans les endroits difficiles, dit Lise Tonnetot, formatrice en anglais à l'IUFM de Rouen. Il est évident que ça se passe mieux là où les professeurs font équipe. Ce n'est pas le cas partout. Souvent, pour les débutants, le choc est nerveux, physique. Cette première année d'enseignement, c'est un rite de passage".

Dans son livre Le Scandale de l'Education nationale, Thierry Desjardins, journaliste au Figaro, a beau jeu de recenser les "115 600 faits de violence avérés entre le 1er janvier et le 30 mars 1998". De rappeler les 1 500 profs en clinique psychiatrique. Les enfants (un sur quatre) qui entrent en sixième sans savoir lire, les 93 000 jeunes qui quittent l'école à 16 ans sans bagage. Entre autres signes de dysfonctionnement.

Si un certain nombre de profs, manquent à cette rentrée au point de pousser les élèves de certaines académies dans la rue, c'est qu'il y a eu une légère inflation du nombre d'absents (congés pour maternité, maladie, mise en disponibilité) par rapport à l'an dernier. Au ministère, on reconnaît que la tendance à la fuite63 s'aggrave légèrement. Si l'on écoute les jeunes profs, si l'on se plonge dans la brassée de livres parus64 cette rentrée, on a l'impression que tout le monde - élèves et enseignants – étouffe dans un climat d'hypocrisie65. "Il y a une contradiction à mettre partout en avant la justice dans l'école, notent les auteurs de l'Ecole désoeuvrée, et à accepter sans mot dire que les enfants moins favorisés soient placés devant des enseignants moins formés… La sollicitude apparente du système66 à l'égard des plus faibles et des plus démunis est largement compensée par son caractère quazi industriel. On ne fait certes rien pour les décourager ou de s'instruire, mais rien non plus pour corriger l'effet de nombre."

Depuis les années, les problèmes personnels et sociaux des jeunes font irruption dans les salles de classe. Comment le supporter? Comment réagir? Se réfugier dans des questions de pédagogie envisagée comme pure technique, pour ne plus voir ce qui se passe? Ou au contraire, accepter le rôle d'éducateur polyvalent, de modérateur social vers lequel glisse le prof par la force des choses?

Enseignante en lettres à Paris III, Hélène Merlin compte parmi ses élèves de nombreux profs débutants ou en formation. Sensible à leurs difficultés, elle aime en parler avec eux et chercher des solutions empiriques. Elle s'interroge: "Pourquoi notre généraiton (J'ai 45 ans) a-t-elle rêvé pour ses enfants d'un monde sans épreuves, sans souffrances? Dans toute la société, un courant nous amène à penser que les parents et les profs sont des bourreaux67, que l'école est un lieu de persécution68. En cas de conflits, on va croire l'élève, pas le prof. Les parents peuvent imposer le passage en classe supérieure de leur enfant contre l'avis des professeurs, ce qui quand on y réfléchit, est énorme. Dans ce climat bien trop affectif, redoubler devant une atteinte à la personne toute entière, au lieu d'être un simple problème de niveau, une banale épreuve de la vie. J'essaie de dire à mes élèves, qui vont se retrouver dans un métier très dur, très blessant (j'ai moi-même enseigné dans le secondaire et vécu toutes sortes de situations difficiles): pensez à la classe, pas aux individus.

Ayez de l'autorité, au sens où celle-ci n'est pas un abus de pouvoir de votre part, mais un espace de liberté que vous créez pour que vos élèves puissent s'y développer. Comme profs, nous sommes chargés de prendre un groupe – et non une somme d'individus – et de porter plus loin, à un autre niveau".
^ SOCIOLOGIE "Plus on aime l'écran, plus on s'ennuie69 à l'école"
Dominique Pasquier

Quelle place tiennent l'ordinateur70, les jeux vidéo ou le téléphone dans la vie des jeunes?

Depuis deux ans, des chercheurs du CNRS71, dirigés par la sociologue Dominique Pasquier, mènent l'une des premières grandes enquêtes72 européennes sur le sujet. Pour la France, ils ont interrogé 1 400 jeunes de 7 à 17 ans.

Télérama: Le premier volet73 de votre enquête soulignait le fossé74 entre des jeunes du milieu favorisé75, pour qui la télé fait partie du paysage mais qui ont accès76 à d'autres loisirs77, à d'autres sources d'information78, et ceux qui ne disposent que d'elle. On se doute qu'il en va de même avec les autres médias, l'ordinateur en particulier.

Dominique Pasquier: Là aussi, comme pour la téléviison, il existe une réelle injustice79 sociale. Chez les plus aisés80, l'enfant trouve conseil et assistance81 auprès de ses parents, l'ordinateur est integré dans la vie de la famille et contribue souvent à un renouveau des relations82 père/fils. On explore83 ensemble les possibilités de l'appareil. Dans les milieux défavorisés84, les parents économisent longtemps pour acheter un ordinateur, ils y placent beaucoup d'espoirs, avec l'impression que c'est la clé de l'accès au savoir85. Mais souvent, à l'usage, l'ordinateur se révèle décevant86: on l'utilise peu ou simplement comme une console de jeu87, une machine à écrire. L'ordinateur va se trouver plus souvent placé dans la chambre de l'enfant, qui doit se débrouiller seul s'il veut apprendre à s'en servir. Le rattrapage88 pourrait se faire à l'école ou dans un club informatique: on sent bien que les institutions doivent prendre le relais89 pour rétablir l'égalité de l'accès à l'informatique.

Télérama: Que se passe-t-il du côté des filles?

Dominique Pasquier: Les filles s'intéressent moins que les garçons à l'ordinateur et aux jeux vidéo. Il est trop tôt pour tirer les conclusions90 définitives de notre enquête, mais il semble que l'on aille dans le sens d'une reséparation91 des activités selon le sexe. Ces vingt ou trente dernières années la télé a joué un rôle unificateur92: même si les hommes et les femmes, les parents et les jeunes ne s'intéressent pas systématiquement aux mêmes programmes, ils regardent certainement des émissions ensemble, ils en parlent. Or, aujourd'hui, c'est la fin des médias93 communs à tous. On voit apparaître un pôle féminin autour de la télé et du téléphone, un pôle masculin autour de l'ordinateur et des jeux vidéo.

L'ordinateur et les jeux vidéo développent une intense socialbilité94, surtout entre garçons. Ils vont l'un chez l'autre pour jouer, ils se passionnent pour95 la presse spécialisée, ils s'échangent jeux96 et combines. Un vrai joueur de jeu vidéo, même s'il passe des heures devant l'écran, n'est pas du tout un solitaire97, il a au contraire beaucoup de relations.

Télérama: On a l'impression98 d'un clivage99 opposant des enfants assez traditionnels – ou très contrôlés par leurs parents? - qui ne se passionnent pas pour les nouveaux médias ni pour la télé, qui lisent et aiment l'école et les enfants très à l'aise avec tous les écrans, qui en redemandent. Et qui, en revanche, s'intéressent peu à la lecture, à l'école.

Dominique Pasquier: On voit se dessiner une tendance très nette: plus on consomme100 de médias qu'il s'agisse de la télé ou de l'ordinateur, plus on déclare s'ennuyer à l'école. Ceux qui aiment l'école, ce sont les lecteurs de livres, dont les préoccupations, la culture sont en place avec101 l'univers scolaire. Les jeunes qui regardent peu la télé lisent davantage de livres, même si on peut évidemment aimer la télé et lire, regarder des débilités à l'heure du goûter102 et être bon à l'école! Mais en règle générale les adolescents103 qui passent moins d'une demi-heure par jour à regarder la télé vont consacrer aussi peu de temps à l'ordinateur, aux jeux ou à Internet…

Télérama: Il y aurait donc des jeunes peu attirés pour les écrans en général et d'autres très attirés?

Dominique Pasquier: Il semble qu'une partie des jeunes aient trouvé dans les nouveaux médias quelque chose que l'école ne leur donne pas. Beaucoup d'hypothèses sont possibles. L'engagement physique devant sa console de jeux est bien différent de celui qui requiert un cours104. On peut penser que les jeux et l'ordinateur développent des processus cognitifs complètement différents de ceux que sollicite le système scolaire. Les jeux vidéo sont inductifs; on doit explorer, découvrir au hasard, même s'il y a des codes, tout semble ouvert. Alors que l'école est univers déductif, beaucoup plus strict.

L'idéal évidemment est d'être à l'aise dans les deux univers, de les vivre comme complémentaires. Ce qu'on acquiert105 à l’école, la "culture générale", est une culture commune. Les jeux vidéo, eux, ne constituent pas une culture commune. D'ailleurs, l'intérêt que l'on éprouve pour eux diminue106 vite, au-delà de 14 ans. Il faut bien, alors, trouver quelque chose à faire…"
^ ACTUALITÉ - INFORMATION La Russie est entrée dans le règne de la terreur107
" Le Soir " (vendredi 17 septembre 1999)

Volgodonsk après Moscou: la guerre et la terreur déferlent sur108 la Russie. Cinq attentats109 ont fait 292 mort. Et maintenant?

A Volgodonsk, ville de 200 000 habitants dans le sud-ouest de la Russie, une explosion110, la cinquième en Russie depuis le 31 août, a tué hier à l'aube 17 personnes, dont deux enfants. La bombe, d'une charge équivalant à 300-350 kg de TNT111, avait été placée dans un camion garé112 devant un immeuble de huit étages. Une grande partie de la façade du bâtiment s'est effondrée113, tandis que les vitres des immeubles voisins ont été soufflées114. Un poste de police proche a également été endommagé115; 70 personnes ont été hospitalisées, dont 29 dans un état grave116.

Selon les sources de Moscou117, les responsables de cette vague d'attentats118 sont des islamistes du Caucase russe dont l'objectif est d'instaurer un climat de peur119 parmi la population.

^ Toutes ces explosions à travers la Russie sont les maillons d'une même chaîne120, a affirmé le porte-parole121 du Service fédéral de sécurité122 (FSB, ex-KGB). Nous avons en face de123nous des terroristes internationaux qui ont un plan précis, a-t-il ajouté.

Pour le Premier ministre, Vladimir Poutine, les terroristes se sont retranchés124 dans la république indépendentiste de Tchétchénie. Et le président Eltsine a répété hier que la Russie avait les forces et les moyens d'en finir avec le terrorisme, et a ordonné un renforcement de la frontière125 avec la Tchétchénie.

Les quatre premiers attentats ont été revendiqués126 par une même organisation pratiquement inconnue mais qui semble confirmer la piste islamiste127: l'Armée de libération du Daghestan. Cette "armée" est apparemment128 liée129 à des extrémistes islamiques, notamment130 wahhabites. Elle dit se venger131 des opérations militaires russes des deux derniers mois en Tchétchénie et au Daghestan, où des combattants dirigés par les chefs de guerre tchétchène et jordanien Chamil Bassaïev et Khattab tentaient d'instaurer un Etat islamiste132, indépendant de Moscou. Chamil Bassaïev a cependant démenti être lié à ces attentats133.
^ État de choc134
Toute la journée d'hier, Vladimir Poutine a reçu ses ministres afin de discuter de nouvelles mesures de sécurité. Il a signé un décret prévoyant135 un nouveau renforcement d'ici trois jours de la surveillance136 des lieux publics et stratégiques137. Il propose aux administrations locales138 du pays de former des groupes de protection139 pour ces lieux ainsi que pour la population en état de choc.

Les Russes restent néanmoins inquiets. D'autant plus que 3,5 tonnes d'explosifs entreposés140 au milieu de sacs de sucre dans un entrepôt141 du sud de Moscou ont été saisies. Et que mercredi, la police avait mis la main142 sur un autre chargement d'explosifs143 dont elle recherchait encore une partie pesant 1,8 tonne. Mardi, c'était 3,8 tonnes qui étaient découvertes dans une cache144.

Par ailleurs, six attentats à la bombe ont été évités de justesse145, a affirmé le service de presse du FSB, puisque six mécanismes de bombes à retardement146, réglés pour exploser à des dates déterminées avant le 21 septembre, ont été découverts. Quant aux deux principaux suspects147, dont les portraits ont été largement diffusés, ils restaient toujours introuvables. (D'après AFP148, AP149 ).
Rétroactes150
" Le Soir " (vendredi 17 septembre 1999)

En une quinzaine de jours, cinq explosions ont endeuillé151 la Russie, faisant 292 morts et de nombreux blessés. Mais depuis 1996, plusieurs attentats avaient précédé cette vague de terreur152.


1 juin 1996. Une bombe artisanale153 explose154 dans une voiture du métro de Moscou: 4 morts et 12 blessés.

28 juin 1996. Un attentat à la gare routière155 de Naltchik, dans le Caucase, fait 6 morts et 40 blessés.

11 et 12 juillet 1996. Deux bombes explosent à 24 heures d'intervalle dans des trolleybus, faisant plus d'une trentaine de blessés.

10 novembre 1996. Une bombe dans un cimetière156 près de Moscou fait 14 morts et 70 blessés. En cause: la lutte pour le contrôle d'une organisation d'anciens combattants bénéficiant157 de franchise douanière158.

16 novembre 1996. Attentat à la bombe dans un immeuble occupé par des officiers russes à Kaspiïsk, au Dagestan: 64 morts, dont 20 enfants.

23 avril 1997. Attentat dans la gare ferroviaire159 d'Armavir dans la région de Krasnodar (sud) : 3 morts et 10 blessés.

28 avril 1997. Une bombe explose à la gare de Piatigorsk, dans la région de Stavropol: 2 morts et 17 blessés.

27 juin 1997. Explosion d'un engin160 dans le train Moscou/Saint-Pétersbourg: 5 morts et 11 blessés.

4 septembre 1998. Une bombe explose dans la banlieue de Makhatchkala, au Daghestan: 17 morts et 90 blessés.

19 mars 1999. Un attentat sur le marché central161 de Vladikavkaz, capitale de l'Ossétie du nord (Caucase), fait 53 morts et une centaine de blessés.

31 août 1999. Une bombe fait un mort dans un centre commercial proche du Kremlin.

4 septembre 1999. Un attentat à la voiture piégée162 fait 64 morts à Bouïnaksk (Daghestan) dans un immeuble occupé par des familles de militaires.

9 septembre 1999. Nonante*–deux personnes sont tuées lorsqu'une bombe détruit163 un immeuble occupé par des familles d'ouvriers.

13 septembre 1999. L'explosion d'un immeuble d'habitation du sud-est de Moscou cause164 la mort de 118 personnes.

16 septembre 1999. Hier: 17 morts et 25 blessés graves à Volgodonsk. (AFP)
^ Un Etat faible sur un volcan en pleine éruption165
" Le Soir " (vendredi 17 septembre 1999, Pol Mathil)

La guerre contre le terrorisme est toujours difficile. En Russie plus difficile qu’ailleurs, où la faiblesse de l’État et la corruption minent toute "résistance organisée".

ANALYSE

La terreur, pour les Russes, n'est pas un phénomène nouveau. Elle a accompagné toute l'histoire de leur pays. Sous les tsars, le terrorisme était pratiqué par des anarchistes et a surtout été dirigé contre les personnalités symbolisant le régime dont Alexandre II, le tsar en personne. L'Union Soviétique, Etat terroriste par excellence, n'en a jamais trop souffert grâce à sa police. En 70 ans de communisme, les Russes ont en revanche tout connu: la guerre civile, la guerre tout court, le goulag, les purges166, les exécutions. Mais les rares tentatives "classiquement" terroristes – détournements d'avion167, prises d'otages168 – n'ont jamais dépassé la rubrique des faits divers169.

^ Dur réveil à Boudionnovsk

Tout a changé en Russie post-soviétique. Le grand réveil se situe en juin 1995. C'est alors, dans la petite ville de Boudionnovsk, que les Russes ont pour la première fois découvert l'angoisse du terrorisme170. C’est dans cette ville du sud de la Russie qu'un obscur chef de guerre tchétchène, un certain …Chamil Bassaïev, a pris un millier d'otages. C'est après Boudionnovsk que les Russes ont compris que la guerre du Caucase se déroulait désormais sur leur sol.

Mais ils ne l'attendaient pas à Moscou. Certes, toute guerre contre le terrorisme est très difficile. Aucun Etat démocratique n'a jamais définitivement vaincu le terrorisme. Mais, en Russie, cette guerre est plus difficile qu'ailleurs.

Les terroristes ont choisi le moment d'attaque avec beaucoup de soins171: l'Etat russe est dans une phase de faiblesse particulièrement profonde, discrédité par les "affaires", miné par la guerre préélectorale de clans motivés plus par la soif du pouvoir que par l'intérêt du pays. Ses services secrets sont à cette image: alors que les informations concernant l'assaut terroriste172 sur Moscou circulent depuis des mois, ils se sont montrés incapables de le prévenir.

Obligé de quitter (provisoirement?) Moscou, ces terroristes ont bien choisi la cible suivante173. Volgodonsk, ville sinistrée (après l'abandon de la construction d'une centrale nucléaire), est en effet une des plus "criminelles" de la Russie. Et elle est proche du Caucase, sans doute base arrière des terroristes.

^ Tout s'achète…

Ces terroristes, quels qu'ils soient, savent que dans la Russie d'aujourd'hui, le roi, c'est l'argent, qu'on peut tout avoir pour le "tchernyi nal", le "cash noir". En 1995 déjà, Bassaïev, encore lui, n'avait-il pas dit avoir franchi 120 kilomètres en territoire russe seulement en soudoyant les postes successifs de contrôle174? La police, formée sous les soviets pour obéir au parti communiste et poursuivre surtout les opposants politiques, n'a pas encore appris à servir un Etat de droit. Au contraire: elle a appris à se servir d'abord elle-même. L'appareil policier corrompu jusqu'à l'os175 profite même de l'actuelle purge de Caucasiens176 non pas pour traquer les terroristes177, mais pour extorquer de l'argent aux "suspects"178.

Dans l'armée, la situation n'est pas meilleure. Tout est à vendre179. Bassaïev n'a-t-il pas annoncé avec fierté qu'il dispose de Grad, missiles pour les katiouchas, dernier cri de la technologie militaire russe, venus directement des arsenaux de l'armée? Et d'où peuvent bien provenir les explosifs?

^ Enjeu important

Et puis, quel Moscovite gagnant 50 dollars par mois va refuser de louer "pour quelques jours seulement" un local180 à quelqu'un qui offre des sommes vertigineuses181…en devises. Qui, de surcroît, comme cela semble être le cas, est parfaitement blond, blanc et russe, et qui, lui non plus, n'a pas hésité à jouer, contre de l'argent évidemment, l'intermédiaire entre le propriétaire et le terroriste182?

Et, enfin, cet Etat déliquescent183 a en face de lui un réseau riche, parfaitement rodé184, dominé par de gens endoctrinés, même fanatiques. Selon des experts, la préparation de l'offensive terroriste demandait au moins six mois d'organisation et la mise en place d'une infrastructure humaine et logistique185 très vaste. Personne n'a rien vu venir.

L'enjeu est cependant important. Il est vital. Le but des terroristes n'est plus indépendance d'une petite république caucasienne, en l'occurence186 la Tchétchénie, mais la stabilité de l'Etat russe, l'avenir de la jeune et fragile démocratie187 russe.

Le char de l'Etat, dit-on en plaisantant, navigue sur un volcan. En Russie, c'est un volcan en pleine éruption.
^ Un "cordon sanitaire" autour de la Tchétchénie
Des milliers d'hommes des troupes fédérales se concentraient dimanche aux frontières avec la Tchétchénie (Caucase), officiellement pour isoler les rebelles188 islamistes réfugiés189 dans cette petite république indépendantiste190. Selon des sources informées191 citées par les médias, les troupes russes s'apprêtent192 à mener une opération d'envergure193 pour en finir avec les extrémistes islamistes qui ont mené deux attaques au Daghestan en août et en septembre. Les islamistes sont également soupçonnés194 d'être les instigateurs de la vague d'attentats195 qui a fait 292 morts en Russie depuis le 31 août.

Alors que l'aviation russe a poursuivi196 ses bombardements sur la Tchétchénie - faisant au moins 20 morts selon Grozny -, quelque 30.000 soldats des troupes fédérales russes se sont positionnés197 ce week-end à la frontière administrative entre le Daghestan et la Tchétchénie, selon le service de presse des forces russes au Daghestan.

Le Premier ministre Vladimir Poutine, qui a préconisé une série de mesures198 destinées à isoler et à sanctionner la Tchétchénie, n'a pas parlé d'attaque terrestre199 mais uniquement d'une poursuite des bombardements aériens200 sur les "bases islamistes". Ces bombardements, selon le pouvoir indépendantiste, touchent des zones habitées et ont fait près de 250 morts depuis le 5 septembre. Samedi, un journaliste de l'AFP a effectivement pu voir un village partiellement détruit et déserté201 par ses habitants. Le président tchétchène Aslan Maskhadov affirme n'avoir aucun lien avec les rebelles islamistes, mais admet implicitement202 être incapable de les contrôler.

Officiellement, les troupes russes doivent se déployer203 sur les 650 kilomètres de la frontière tchétchène pour établir un "cordon sanitaire", interdisant tout mouvement204 vers et hors de la république205 rebelle. Les correspondants des médias russes dans le Caucase, sans citer de sources officielles, indiquaient dimanche que deux bataillons de la 58e armée étaient arrivés samedi en Ingouchie (ouest de la Tchétchénie) et avaient été rejoints dimanche par un troisième, venant d'une base militaire de la république voisine d'Ossétie du Nord. M.Poutine a par ailleurs206 réaffirmé dimanche son intention de revoir les accords de paix207 d'août 1996, qui prévoyaient une aide russe à la reconstruction de la Tchétchénie, et laissaient en suspens208 pendant cinq ans la question de l'indépendance tchétchène. Selon la télévision privée NTV, Moscou entend également appliquer des sanctions économiques contre Grozny, et bloquer tous les transferts d'argent209.
^ L'erreur tragique de l'OTAN210
Joran Trasic, metteur en scène serbe

"J'accuse, dit-il, les grands stratèges de l'Alliance de maladresse, de lâcheté, d'hypocrisie211". Ne fallait-il pas stopper Milosevic dans ses entreprises criminelles212?

"Bien sûr que si, mais il fallait s'y prendre213 autrement, et beaucoup plus tôt. Voilà dix ans que Milosevic conserve et fortifie son pouvoir en créant, les uns après les autres, de nouveaux foyers de tension214, mais l'on continue malgré tout de négocier avec lui. Quand on ne sait plus quoi faire, on bombarde le peuple serbe, on détruit le pays.

Résultat: Milosevic est plus puissant que jamais. Pour lui, les bombardements de l'OTAN, c'est un soutien inespéré215.

Les frappes actuelles, explique Joran Tasic, c'est le même genre d'erreur, en pire, que l'embargo "terrible, cruel, maladroit" auquel fut soumis la Serbie de 1991, jusqu'aux accords de Dayton [ville des Etats-Unis d'Ohio (Centre-Nord-Est), 234.000 h.]

"Tout à coup, nous étions coupés de l'Europe. Plus d'avions, plus de journaux étrangers, plus de vie intellectuelle, la vie quotidienne de plus en plus difficile. Les gens de valeur216 sont partis; 200.000 personnes ont quitté le pays, surtout les jeunes, partis chercher ailleurs un nouvel horizon. Etait-ce cela que l'on voulait?

"Cette fois, continue-t-il, il s'agissait paraît-il d'aider les Kosovars217. Et que voyons-nous? Des centaines de milliers de réfugiés, une tragédie, et deux peuples qui souffrent sous les bombes, le peuple serbe et le peuple albanais."

Loran estime que le grand exode218 des Kosovars a été causé par les frappes219. Il ne croit pas que Milosevic avait un plan, préparé de longue date, pour vider la province. "C'est malheureusement, assure-t-il, un phénoménal improvisateur".

L' "impardonnable légèreté"220 des grandes puissances aide Milosevic au lieu de l'affaiblir.

"Les Américains ne connaissent que la force. On le savait. Mais on pouvait s'attendre à plus d'intelligence de la part des Européens, à une meilleure connaissance de l'Histoire." L'Histoire, "cette aventure magnifique, parfois mensongère221 souvent imprévisible et cruelle", nous enseigne que les Serbes et les Albanais doivent vivre ensemble, comme ils le font depuis treize siècles. Ce sont des Albanais qui gardent le patriarcat de Pec, haut lieu222 de l'Eglise orthodoxe223, comme les gardes suisses protègent le Vatican, rappelle Joran, entre autres exemples de la communauté de destin de deux peuples224 balkaniques.

"Les meilleurs amis de mon grand-père, Serbe parmi les Serbes, étaient Albanais. Ils ont combattu côte à côte pendant la Deuxième guerre mondiale, si ma grand-mère n'est pas morte de faim, c'est parce que des Albanais lui fournissaient des pommes de terre et des légumes".

Le vingtième des sommes considérables gaspillées en un mois de bombardements aurait suffi, affirme Joran Tasic, pour aider économiquement le Kosovo et la Serbie, et pour éviter l'actuel gâchis225.

Aujourd'hui, au lieu d'une invasion terrestre irréaliste et grosse de dangers inalculables226, il voudrait imaginer "une invasion humanitaire et humaniste, 30.000 observateurs venus de toute l'Europe, des gens de bonne volonté qui raccompagneraient les Kosovars chez eux, les aideraient, avec l'appui de la logistique nationale, à reconstruire leur pays".
^ Célébration – Initiatives L'an 2000 sera écolo…
Télérama, №2551 – 2 décembre 1998

Comment fêtons-nous l'an 2000? Par une rangée d'arbre de 1000 kilomètres de long! Entre autres projets, la Mission pour la célébration de l'an 2000, mandatée par le ministère de la Culture, se propose de planter une "méridienne verte" le long du méridian de Paris, de Dunkerque227 à Barcelone228. Une initiative poétique, qui prend tous nos travers à rebrousse-poil229: à l'ère des mégapoles, la fête sera bucolique230; à l'ère de la centralisation, les ruraux seront à l'honneur; à l'ère de la vitesse, la réalisation prendra son temps. Dans quelques années, le trait vert, ayant pris de l'ampleur231, sera peut-être visible d'avion, ou par satellite. Mais le spectacle se révélera surtout à nos enfants et petits-enfants.

Ce chantier d'un troisième type a été lancé232 le 25 novembre dernier. Il s'agit à présent de contacter 337 communes, 15.000 propriétaires terriens233, d'étudier les problèmes de tracé, de climat, de nature du sol, d'espèces arboricoles234 les plus adaptées… Les agriculteurs accepteront-ils d'acceuillir dans leur champ un, deux ou dix arbres? La ligne verte poursuivra-t-elle son parcours235 dans les zones urbaines? Quels coins de bitume pourront acceuillir un peu de verdure? Dans un an, toutes ces questions doivent avoir trouvé leurs réponses: les plantations doivent débuter le 25 novembre 1999, jour de la Sainte-Catherine236, où, selon le dicton, "tout bois prend racine"237. A l'approche du IIIe millénaire, un beau manifeste pour l'écologie…

Catherine Firmin-Didot

La Méridienne verte n'est qu'un projet parmi d'autres, très nombreux, que finance la Mission de l'an 2000: la musique à Aix238, la beauté à Avignon239, la magie à Blois240, les arts plastiques à Cahors241 ou encore les langues à Lyon242. A ces grands événements éparpillés sur plus de cinquante sites s'ajoutent d'innombrables petites initiatives: ici une piste de skate de 2000 mètres carrés, là un pavillon de thé amenagé par Sonia Rykiel243 dans un jardin, ailleurs une friche industrielle244 définitivement transformée en lieu de concert. Grâce à l'aide financière de la Mission de l'an 2000, mandatée par le ministère de la Culture, quantité de vieux projets restés en sommeil, faute de moyens, verront le jour, comme ce musée de l'Art modeste à Sète245, le musée des Cultures du travail à Forbach246; des scénarios de films qui dormaient dans les tiroirs trouveront enfin une aide suffisante pour être réalisés. Sans compter des gestes moins médiatiques, comme ces bourses accordées à de jeunes chercheurs.

Dans une serre247 de 5000 mètres carrés à la Villette248, le paysage Gilles Clément présentera notre fragile planète comme un jardin "planétaire" à préserver. Cette première exposition ouvrira les festivités en septembre 1999. Même l'anniversaire de la naissance de Christ sera traité de manière bucolique, puisqu'il sera marqué, en Palestine, par deux jardins, celui de la Médiation à Nazareth249 et celui de la Nativité à Bethléem250, conçus par Jean-Paul Pigeat, l'inventeur du festival de Chaumont251.

Le Train de la littérature sera traînard et convivial, à la façon du Transsibérien, où les voyageurs en pantoufles discutent autour du samovar. Pendant sept semaines, il serpentera en Europe de Lisbonne à Saint-Pétersbourg, accueillant cent trente écrivains de quarante-cinq pays européens.

…A Paris, vingt-quatre grandes roues seront placées le long de l'axe Concorde-Champs-Elysées.

…Pour le 14 Juillet, la fête sera elle aussi impossible à retransmettre à la télévision, puisqu'il s'agira d'un pique-nique étalé sur 1000 kilomètres, le long de la Méridienne verte… Tout au long de 1999 et de 2000, des forums reprennent une fois de plus les interrogations séculaires: "La justice peut-elle empêcher la guerre?", "Où va la différence homme-femme?" ou "Quelle santé pour demain?"

A côté de ces colloques, une "leçon" d'une heure, retransmise sur une chaîne de radio non encore déterminée, sera dispensée chaque jour à 18h 30, du 1er janvier au 31 décembre 2000.

Une sorte d'encyclopédie orale du XXe siècle, histoire de faire le bilan252 des connaissances dans tous les grands domaines de la recherche.

De Berlin à Pékin

Le plus célèbre des projets mondiaux est le "millenium" anglais, un gigantesque dôme transparent253 de un kilomètre de circonférence254, construit à Greenwich255…

A part cette coupole, les Anglais profitent de l'occasion pour construire quantités de stades, de ponts; pour créer des jardins publics et 4800 kilomètres de pistes cyclables; pour planter 200 bois communaux ou réamenager des musées.

L'Allemagne prépare, à Hanovre256, une exposition universelle sur les thèmes de l'homme, de la nature et de la technique. Leipzig257 fêtera le 250e anniversaire de la mort de Bach, et Mayence258 les 600 ans de Gutenberg259. Mais le grand événement qui marquera outre-Rhin l'entrée dans le troisième millénaire est la rhéabilitation de Berlin comme capitale administrative, avec ce que cela implique de construction et de réfection de bâtiments.

Rome, siège de la Chrétienté, se prépare à accueillir jusqu'à 50 millions de pèlerins dans l'année 2000 et restaure quantité de lieux de cultes ainsi que le Colisée260. L'architecte Richard Meier y construit l'église de l'an 2000.

En Espagne, seule Saint-Jacques-de-Compostelle, nommée ville européenne, entreprend des travaux de taille.

Le Portugal construira un nouveau stade de 42 000 places à Lisbonne.

Quant aux Suisses, ils ne démarreront pas leurs féstivités avant le 1er janvier 2001.

Aux Etats-Unis, la plupart des projets sont menés par les différents Etats.

Citons-en quelques-uns, Newport (Kentucky) s'est commandé la plus grosse cloche du monde (30 tonnes de fonte coulées à Nantes261), 200 villes ont signé une charte262 pour un réveillon sans alcool et un tour du monde en bicyclette quittera Los Angeles pour traverser 54 pays.

L'Egypte sera à l'heure française avec un concert de douze heures de Jean-Michel Jarre devant la Grande Pyramide, habillée pour l'occasion d'une grande chape de fer263 surmontée d'un bout doré264, histoire de lui redonner son volume d'origine.

Sur la Grande Muraille de Chine, une horloge compte à rebours265 (semblable à celle installée sur la tour Eiffel) sera installée.

Un sentier266 de 15.000 kilomètres reliera les côtes est ouest du Canada. Quant aux feux d'artifice du 31 décembre, ils sont estimés à 400000 tonnes. Une aubaine267 pour les fabricants chinois.
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DeuxiÈme partie События, теракты, политика Взрывая дома, бандиты взрывают государство
Выступление премьер-министра Владимира Путина
в Государственной думе268 14 сентября

(Из стенограммы, опубликованной в "Российской газете")

Мы должны были говорить о ситуации в Дагестане. Но, думаю, вы согласитесь: сейчас, после новых терактов в Москве, вопрос стоит много шире. Речь идет о государственной безопасности страны.

Для нас очевидно – и в Дагестане, и в Москве мы имеем дело не с самодеятельными боевиками, а с хорошо обученными международными диверсантами. Их цель – деморализовать власть, расшатать устои государства269…

Сегодня большой проблемой становится безопасность населения крупных городов России. Среди них на первом месте – Москва. Надо признать, что проблема безопасности москвичей возникла задолго до взрыва на Манежной площади. Но мы до сих пор не знаем имен организаторов терактов в московском метро и предотвращенных терактов у зданий федеральных силовых ведомств270. Во многом здесь присутствует вина региональных и местных властей.

Уважаемые депутаты!

Пора откровенно признать: зараза терроризма давно перешагнула административные границы краев и областей. Она стала национальной проблемой России. Поэтому будем действовать шаг за шагом.

Задача номер 1. Защита населения от бандитов.

Задача номер 2. Нахождение и предупреждение очагов возникновения конфликтов271. Ликвидация самих баз подготовки террористов, лишение их финансовых источников272 и кадровой подпитки273 как изнутри России, так и из-за рубежа.

И, наконец, задача номер 3. Лечение274 "вируса войны" на Северном Кавказе путем применения целого комплекса мер по стабилизации социально-экономического и политического положения в регионе.

Еще один источник проблем в том, что истинные размеры угроз275не были правильно и своевременно оценены. На мой взгляд, в этом направлении Министерством по делам национальностей, другими профильными ведомствами не была проявлена должная настойчивость и последовательность.

И, наконец, особое место в решении северокавказских проблем отводится урегулированию ситуации в Чечне.

Сегодня много говорят о "чеченском следе" в прогремевших терактах. Основания для этого, безусловно, есть. На протяжении уже нескольких лет чеченские "авторитеты"276 спекулируют на мотивах национально-освободительной борьбы. Прикрываясь идеями панисламизма, они, по сути, покрывают бандитов.

Между тем, в Чечне бандитизм все больше становится нормой существования. Становится способом зарабатывания денег. Отсюда – агрессия на сопредельные территории277. Отсюда - набеги278, напоминающие средневековые времена и порядки.

^ Первое. Денонсация Хасавюртовких соглашений как правового акта279, выгодного исключительно для одной стороны. И эта сторона – не чеченский народ, а международные боевики-террористы. Убежден: пользуясь договоренностями 1996 года, экстремистские силы таким образом пытаются решить проблему статуса республики в сепаратистском духе.

^ Второе. Необходимо временное, подчеркиваю временное, введение режима жесткой изоляции, своего рода – карантина по всему периметру административной границы Чеченской республики.

При такой конструкции Чечня остается субъектом Федерации. А все действия, наносящие ущерб целостности России280, рассматриваются как незаконные. И это – единственное их толкование.

Одновременно с этим мы должны полностью ликвидировать бандформирования на территории Дагестана, применяя при этом самые современные военно-технические средства281.

Нынешнее руководство Чечни обязано выдать282 оставшихся террористов федеральным властям. Либо оно будет вынуждено разбираться со своими преступниками в том самом пространстве, которое и стало главной причиной их наглого паразитирования на теле России. Если этого не произойдет, – будем жестоко уничтожать боевиков во всех случаях перехода ими административной границы Чечни. И правовым подспорьем нам будет действующий Федеральный закон "О борьбе с терроризмом".

Третье. Пора признать: сегодня в Чечне мы имеем территорию, специализирующуюся на массовом похищении людей283, бурной торговле оружием и наркотиками, изготовлении фальшивых денег и масштабном воровстве средств, выделяемых из федерального бюджета на цели восстановления разрушенного хозяйства. Так больше продолжаться не может.

Поэтому в этой республике следует, наконец, ввести особый экономический режим. В том числе – через жесткие санкции, которые неминуемо приведут к необходимости оптимизации политических институтов внутри самой Чеченской республики. Которые и экономически, и политически дисциплинируют не только внутричеченскую власть, но и население республики.

Одновременно с вышеназванными мерами надо подумать о формировании на уровне институтов Российской Федерации законного политического представительства284 чеченского народа из числа наиболее доверенных авторитетных членов чеченской диаспоры, вынужденно находящейся сейчас за пределами своей республики.

Надо консолидировать власть, консолидировать государство и общество для борьбы с общей угрозой, а не пытаться набрать политические очки285 на людском горе. Это абсолютно недопустимо286.
^ Ветерок из Москвы,
или Что думает российский министр Рамазан Абдулатипов
о "воинах ислама" 287

Мир за неделю, №3 – 18.09.1999, Олег Султанов

^ Рамазан Гаджимурадович, "блицкриг"288Ш. Басаева и Хаттаба в Дагестане не удался, но в то же время обрел документальную убедительность явления, которое будущие историки могут обозначить как попытку289начать религиозную войну290. А как вы сейчас назовете эту ваххабитскую акцию?

Религия, совесть не приходят сами по себе даже после заучивания молитв, их частого повторения. Это длительный процесс291.

Еще не так давно небезызвестный Мовлади Удугов (по утверждению некоторых его знакомых) был московским карманным вором292, а сегодня взял да и возложил на себя функции идеолога ислама. Конечно, в прозрении293 человека нет ничего плохого, но автоматически подобное не происходит. Считаю, что ни о какой религиозной войне и речи быть не может.

^ Один из генералов НАТО в приватной беседе отметил, что "…следующей точкой (после Югославии), где блок применит силу, будет Кавказ". Вы такое считаете возможным?

Да, НАТО придет на Кавказ. Но только в том случае, если Россия не сделает этого раньше.

Уместна ли проводимая некоторыми политиками параллель между сегодняшними событиями на северном Кавказе и борьбой имама Шамиля против России?

Превращать имама Шамиля в полевого командира294 и террориста?! Имам был мудр, он побывал у русского царя, после чего изъявил желание стать гражданином России, а своим потомкам завещал295 никогда с ней не воевать.

В нынешнем году мы будем отмечать 1400-летие распространения ислама296 на Руси, и не бандиту Басаеву, который, скорее всего, Коран и в руках не держал, учить нас исламу. Ведь самый первый призыв297этой религии – салам, а самое главное обращение – Мир вашему дому!

Так что не Коран хаттабы и басаевы держат в своих поганых руках298, а доллары, которыми этих рабов снабжают их российские и зарубежные хозяева.

^ Господин профессор, каковы, на ваш взгляд, причины происходящего?

Одна из главных причин – распространение исламофобии299 и кавказофобии. А по виновникам300 ответ может дать только Генеральная прокуратура301 страны. Я же скажу одно: с предательством302 пора заканчивать. Конечно, российская власть – это разные люди. Но с горечью констатирую: власть во многом оказалась самодостаточной303, не нуждающейся в грамотных и волевых людях304.

…И самое главное, Москва должна уяснить: любой ветерок над ее улицами через пару дней достигает самого высокогорного аула Дагестана…
^ Они не понимают слово "журналист"
В Чечне погибли305 7 российских и 3 зарубежных журналиста306. Без вести пропали307 1 американский и 9 российских журналиста. Это без учета похищенных308 и освобожденных. Почти все они пострадали от рук чеченцев. Среди российских журналистов благодаря этому сформировалось устойчивое неприятие порядков309, установленных в Чечне. Сегодня бандиты делают ставку310 на западных журналистов. Под страхом расстрела на месте в Грозном не позволяется покушаться на их свободу311. Чем закончится заигрывание Запада с террористами? Крайними могут оказаться312 теперь их журналисты.

^ Социология, образование Российские студенты читают и прогуливают313
в два раза больше иностранцев
Московский комсомолец, 04.12.1999

Степень серьезного отношения к учебе российских и иностранных студентов определили недавно социологи.

Как сообщили "МК" в Российском Университете дружбы народов, специалисты которого провели исследование среди учащихся различных факультетов, представители азиатских, африканских и латиноамериканских стран уделяют своему образованию гораздо больше времени, чем россияне. К примеру, среди иностранцев самый высокий процент посещаемости лекций. Лишь 14 процентов из них можно причислить к заядлым прогульщикам314, тогда как россияне пренебрегают теоретическими дисциплинами почти в два раза чаще. При этом студенты из других стран более ответственно подходят и к самоподготовке. Так, согласно проведенному опросу, на домашнее задание иностранцы тратят в среднем по 2-3 часа, а российские студенты – всего по 1-2 часа.

Примечательно, что при этом ин
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